Gravitation actionnaire fondateur de La Compagnie

Gravitation actionnaire fondateur de La Compagnie

Low cost et classe affaires – le JDD 18/05/2014

actu_la_compagnie_02Une nouvelle compagnie française lance cet été une liaison business Paris-New York. Bis repetita pour Frantz Yvelin, 38 ans, qui avait déjà créé L’Avion sur un concept similaire.

L’aventure avait été brève, mais intense. Fin 2007, à tout juste 30 ans, Frantz Yvelin bousculait le secteur aérien européen en lançant L’Avion, une compagnie assurant la desserte Paris-New York, en classe affaires exclusivement. Après dix-huit mois d’exploitation, British Airways mettait sur la table une offre que l’entrepreneur et ses associés ne pouvaient refuser. En juillet 2008, L’Avion passait dans le giron de la filiale du britannique, OpenSkies. La liaison existe toujours, mais la marque a disparu. Fin du premier acte.

Dans quelques jours, Frantz Yvelin, toujours lui, inaugurera la première compagnie aérienne créée en France depuis… L’Avion. Le nom est encore secret mais Frantz Yvelin dévoile au JDD les grandes lignes du projet, à quelques semaines de l’ouverture des réservations, pour un premier vol prévu cet été. Diplômé d’un brevet de pilote obtenu aux États-Unis, le serial manager propose un remake de L’Avion, à quelques nuances près. Il cible toujours la liaison Paris-New York. « C’est la première destination au départ de Paris avec 1,8 million de passagers par an et une concentration unique de clientèle premium avec près de 500.000 voyageurs affaires », s’enthousiasme le jeune patron, depuis le siège social de Dreamjet, sa nouvelle société installée au Bourget.

Un projet à 30 millions d’euros

L’offre se concentre toujours exclusivement sur la classe affaires, contrairement à OpenSkies. Mais dans une version low cost. Alors que les principales compagnies mondiales se livrent une guerre sans merci dans la montée en gamme de leur business class, Frantz Yvelin reste persuadé qu’une partie de cette clientèle ne veut plus payer les montants qui sont facturés par les grands du secteur : de 3.000 à 3.500 € en moyenne pour un aller-retour sur New York. Dreamjet concocte donc une charte tarifaire qui promet de casser les prix sans bousculer les codes de la business : 80 fauteuils seulement, ajustables en position horizontale, un service aux petits oignons assuré par des hôtesses en cours de recrutement, des plateaux-repas mis au point par un chef étoilé, une large gamme de films et, dans quelques mois, l’accès à Internet en vol. « Dès l’automne. Et nous serons la première compagnie française à le faire », assure-t-il.

Seule entorse aux règles du low-cost, l’appareil, actuellement à la peinture, n’est pas neuf. La société Dreamjet a racheté à Icelandair le plus récent des Boeing 757 mis en service par l’avionneur américain. « Si nous avions commandé un appareil neuf, nous aurions dû attendre quatre ans pour être livrés », argumente Frantz Yvelin, qui est prêt depuis la fin d’année. Pour mener à bien son projet, il a réalisé la deuxième plus grosse levée de fonds de 2013 en France. Il a collecté 30 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, dont Charles Beigbeder et Michel Cicurel, l’ex-patron de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, qui l’avait déjà accompagné pour le lancement de L’Avion. Des entrepreneurs et financiers avisés qui, cette fois encore, espèrent réaliser un joli coup.